Short stories

Olinka Mitroshina SHORT STORIES

Belfort, Octobre – 2005.
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“Etudiants”
Ils ne se sont plus quittés de la soirée. Il était particulier, étrange, en peu sombre et très doux en même temps. En état de charme: « Tel garçon surréaliste » – pensait elle. Elle ne souvenait plus a quel moment exactement ils se sont retrouvés tous les deux et combien d’heures d’affilé déjà ils vagabondaient, sans but, sans itinéraire. « Je te suivrai » – a-t-il dit, – « tant que tu ne me quitteras pas ». Cette petite ville-fantôme, vide et mystérieuse, les appartenait, la nuit les appartenait, le silence les appartenait.
Vers trois heures du matin ils se sont retrouvés vers le foyer des étudiants, en espérant avoir un bout de matelas. Ils ont sonné a la porte – la porte s’est ouverte. Un visage d’une jeune femme, à moitié endormi, a prononcé qu’ils peuvent dormir dans la chambre d’un certain Micha, étudiant absent cette nuit-là, qui laisse toujours la porte ouverte. Ils se sont retrouvés dans sept mètres carrés, sans lumière. Un lit à une place, une table et une chaise. En gardant leurs habilles, il s’assit sur la chaise, et elle, fatiguée, tomba sur le lit. Ils continuaient a bavarder encore quelques temps.. « Je vais rester assis, ici pour te protéger » – a dit il doucement.
Cette nuit elle se réveillera plusieurs fois et le verra dans son long manteau noir. Lui, qui est resté dans même position.. Elle ne savait pas si il dormait ou pas. Elle observait sa silhouette, droite : “Qu’il est beau… protèges moi, Mon Dieu», pensait elle. Par moment, il lui semblait qu’ils continuaient a parler tous les deux en silence. Elle se tournait dans son sommeil et en voyant sa silhouette, immobile, elle sentait sa proximité aussi présente… Cette proximité, laquelle il lui serait difficile de remplacer dans les années a venir …
Au petit matin elle s’est réveilla définitivement.
– “Bonjour…” – a dit il.
– “Bonjour…” – a répondu elle.
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Short Stories © Olinka Mitroshina
Belfort, 2005
Paris, Septembre – 2015
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C’est la quantité qui l’a attendri ce soir la. Elles étaient toutes la. En même temps. Les femmes. La Jeune et fraiche, la mûre et touchante, parfois joyeuse, parfois imposante, parfois pointe vulgaire ou pointe ridicule, “madame tout le monde” ou “madame fait le monsieur”, “madame fragile” ou “madame assume”. Le spectre se remplissait…les énergies, les odeurs, les sourires, les regards.. Y en a pas plus beau moment que un moment spontané. La, sur ce coup, il était gâté.
Je sais, que un jour, tout ça… va partir.
Il aura des nouveaux prénoms, des nouveaux odeurs, des nouvelles espérances.
Il aura un nouveau « je » et nous remarquerons des visages autour de nous, dont jusqu’à présent, nous n’étions pas capables. Nous serons émerveillés et nous regretterons le temps perdu et notre non-attention à tout ça.
Paris, 17 juillet 2013
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Paris – mon ami. Je découvre ton autre visage. Je vois la circulation en train de se calmer et les rues en train de se vider petit a petit. L’air chaud et doux, le soleil sublime en train de s’apaiser. Je croise les visages des inconnus qui me semblent être très familiers, comme si je les ai connu pendant toutes ces années passés.
Paris, Septembre – 2015
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“Paris”
Paris stupide, Paris vulgaire, Paris inculte, Paris grande gueule. Paris infect, Paris brouillants, Paris travaux, Paris nerveux… Paris « je veux », Paris malade, Paris égo, Paris blessant.. Paris sévère, Paris « toute suite », Paris contradictoire…